Secret du coeur

Bien que mon regard le plus tendre
Ne semble jamais te charmer,
Et que tu daignes bien m’entendre
Sans vouloir paraître m’aimer,
Oh ! tu n’es pas indifférente !
Dans ton oeil rêveur j’ai surpris
Souvent quelque pensée errante…
Ah! tu m’aimes, je l’ai compris!

C’est vainement, ô charmeresse,
Que sous l’aspect de la froideur
Tu désires cacher l’ivresse
Dont je fais tressaillir ton coeur,
Car je sais que parfois les âmes,
Sous l’apparence des mépris,
Dissimulent de tendres flammes
Ah! tu m’aimes, je l’ai compris!

Charmante enfant, toi qui m’inspires,
Daigne m’avouer, sans détour,
A quel point pour moi tu soupires,
Et fais l’aveu de ton amour.
Que ton oeil au regard limpide
Me dévoile ton coeur épris
Dont tu rendis l’élan timide,
Car tu m’aimes, je l’ai compris !

Albert FERLAND