Dernière flamme

Vaguement, en mon coeur, je sens que se rallume
Mon amour, comme un feu de lampe dans la brume.
C’est un charme qu’on prend pour quelque souvenir
Qui dans l’âme, d’abord, peut tout entier tenir.
Et la lampe bientôt en étoile se change,
Et répand des rayons dont la brume s’effrange.
Et c’est moins qu’une ivresse et c’est plus qu’un frisson…
Mon âme est pleine et chante une ancienne chanson.
Et puis, c’est un soleil en sa clarté première,
Qui verse a grands flots d’or sa divine lumière !
C’est l’extase ! mon coeur déborde ! je suis fou !
De l’harmonie en moi tombe, je ne sais d’où !

Peut-être que vos yeux m’ont regarde dans l’ombre,
Lorsque ce vieil amour percé de coups sans nombre
Expirait, et qu’il lui fallait, en sa langueur,
Boire aux regards par où s’écoule votre coeur.

Albert LOZEAU