L’Adieu

Non, tu n’entendras pas, de ta lèvre trop fière,
Dans l’adieu déchirant un reproche, un regret,
Nul trouble, nul remords pour ton âme légère
En cet adieu muet.

Tu croiras qu’elle aussi, d’un vain bruit enivrée,
Et des larmes d’hier oublieuse demain,
Elle a d’un ris moqueur rompu la foi jurée
Et passé son chemin ;

Et tu ne sauras pas qu’implacable et fidèle,
Pour un sombre voyage elle part sans retour,
Et qu’en fuyant l’amant, dans la nuit éternelle
Elle emporte l’amour.

Marie d’Agoult